
Que se passe-t-il dans le monde du livre à l’étranger?

Selon le rapport 2024/2025 de l’Association des libraires et éditeurs tchèques (SČKN), la suppression de la TVA sur les livres en Tchéquie a permis de sauver le marché, comme le souligne Publishing Perspectives.
"En 2024-2025, les éditeurs de livres papier n’ont enregistré qu’une augmentation de 4 % des ventes. Si la TVA avait été maintenue à 10 %, cela aurait entraîné une baisse de 6 %. Il n’est donc pas exagéré de dire que la TVA à 0 % a sauvé le marché durant cette période », explique l’association dans son premier rapport annuel sur les ventes depuis que le gouvernement a réduit à zéro la TVA sur les livres en 2024. Le SČKN indique également que d’autres pays européens ont ou devraient adopter cette mesure. Ainsi, le Danemark a décidé de supprimer la TVA sur les livres, tandis que la Slovaquie et la Bulgarie ont considérablement réduit leurs taux. En Bulgarie, elle est passée de 20 % à 9 %, et en Slovaquie, de 23 % à 5 %."
Publishing Perspectives, New York, 12 janvier
Alarmé par un rapport de l’association anti-piratage Authorized Books of Japan, le gouvernement japonais veut mettre fin au piratage des mangas. Pour ce faire, il soutient le développement d’outils de traduction par l’IA et d’un système de détection des sites illégaux, explique le quotidien japonais Nikkei Asia.
"Dans son rapport, Authorized Books of Japan, une association d’éditeurs engagée dans la protection du droit d’auteur, a identifié 900 sites de piratage de livres japonais. Rien qu’en juin 2025, 2,8 milliards de visiteurs de 123 pays les ont fréquentés. Le piratage de mangas engendre une perte annuelle estimée à 55 milliards de dollars pour les éditeurs. Selon Nikkei Asia, le piratage s’explique moins par un refus de payer pour les livres que par l’insuffisance des traductions face à une très forte demande. Pour faire face, l’Agence des affaires culturelles a lancé un programme pour mieux entraîner l’IA spécialisée dans la traduction des mangas en collaboration avec les universités et entreprises. Mantra, une start-up issue de l’université de Tokyo, propose une solution capable de traduire des mangas entiers vers 18 langues : 'Mantra peut réduire de moitié le temps de traduction par rapport aux méthodes conventionnelles. Il traduit déjà 200 000 pages par mois.'"
Nikkei Asia, Tokyo, 4 janvier

NarratiQ est le nom d’un nouveau logiciel multilingue basé sur l’IA qui permet d’évaluer des manuscrits. Son but n’est pas de remplacer le travail de l’éditeur, il doit le rendre plus rapide, explique le Börsenblatt qui demande à l’un de ses développeurs comment cet outil fonctionne concrètement.
"L’analyse du manuscrit se fait à plusieurs niveaux : la cohérence de l’intrigue, l’efficacité des rebondissements, le développement des personnages, la qualité structurelle et, surtout, l’adéquation avec le profil de l’éditeur. Pour les manuscrits en non-fiction, NarratiQ analyse la structure, l’argumentation, la fidélité aux faits, la didactique et le potentiel commercial. L’évaluation dure environ trois à quinze minutes, selon la longueur du manuscrit. Le rapport final sert de base de décision à l’éditeur. Une maison d’édition espagnole utilise déjà NarratiQ depuis le début de l’année pour évaluer des manuscrits allemands dans le domaine de la romance cosy. Le manuscrit allemand est analysé et le rapport est rédigé en espagnol, ce qui permet d’économiser une première traduction coûteuse pour l’évaluation. Le projet est actuellement en phase bêta et des projets pilotes avec des éditeurs allemands sont en cours. En revanche, NarratiQ n’est ni un détecteur de plagiat ni un détecteur d’IA. ‘La question de savoir si un texte a été écrit par une IA n’est pas pertinente pour la décision éditoriale – ce qui compte, c’est la qualité du résultat final’, précise le développeur."
Börsenblatt, Francfort, 13 janvier

The Guardian revient sur le 30e anniversaire du Women’s Prize for Fiction, fondé en 1996 pour donner plus de visibilité aux autrices anglophones. L’idée s’est imposée en 1991 alors que les six candidats pour le Booker Prize étaient uniquement des hommes, bien que 60 % des romans publiés la même année aient été écrits par des femmes. Trente ans après, le journal se demande si les temps ont changé.
Heureusement, les temps ont changé. Le Booker n’a pas vu de liste de finalistes exclusivement masculine depuis 20 ans, et des stars telles que Sally Rooney et Elena Ferrante ont ouvert la voie à des récits centrés sur la complexité de la vie des femmes. Pourtant, ce succès a suscité un débat houleux : les romanciers masculins sont-ils en train d’être évincés ? La réponse est non car jusqu’à présent les hommes ont remporté le prix Booker deux fois plus que les femmes. Lorsque Samantha Harvey l’a reçu en 2024, elle était la première femme à le gagner en cinq ans. Lorsque nous parlons de qui écrit des livres, il est également important de regarder combien d’hommes et de femmes lisent réellement des romans. Selon NielsenIQ BookData, les femmes représentaient 63 % des acheteurs de romans au Royaume-Uni en 2023. Une autre étude commandée par le Women’s Prize en 2024 a montré que si les femmes lisent autant les livres écrits par des écrivaines que ceux écrits par des écrivains, les hommes rejettent massivement les livres écrits par des femmes. La mission du Women’s Prize for Fiction est donc toujours aussi pertinente qu’à sa création, conclut le journal.
The Guardian, Londres, 1er janvier

Aux US, le magazine People a identifié le genre le plus "chaud" de 2026 : la romance sportive. Après le succès fulgurant de Heated Rivalry de Rachel Reid, qui raconte une histoire d’amour dans le milieu du hockey, de nombreuses romances sportives ont été publiées.
"Si la tendance est en progression depuis plusieurs années, les romances sportives connaissent aujourd’hui un engouement sans précédent. Le meilleur exemple en est le roman LGBTQ+ de Rachel Reid, qui était déjà un bestseller à sa sortie en 2019 et qui est devenu un véritable phénomène avec sa récente adaptation télévisée. 'Nous vivons l’âge d’or des romances sportives', constatent Desiree Anello et Lizz Schumer, rédactrices de People. Edward Schmit, auteur de The Open Era - mettant en scène l’amour entre deux joueurs de tennis gays - l’explique ainsi : 'Les romances sportives racontent des enjeux intrinsèques extrêmement captivants. Lorsque deux rivaux s’affrontent, l’un doit gagner et l’autre perdre… Et, soyons honnêtes, ce sont aussi des histoires très sexy.'"
People Magazine, New York, 31 décembre
Katrin BOETHLING, Katja PETROVIC