
Retour sur le TIBE, un salon dynamique et à taille humaine
Au pavillon français, inauguré par Franck Paris, directeur du Bureau français de Taipei, près de 1 000 livres ont été exposés. Un grand nombre de visiteurs a été attiré par les nombreuses conférences, séances de dédicaces et ateliers destinés aux enfants. La littérature jeunesse était particulièrement mise en avant, avec la participation de l’autrice et illustratrice Magali Le Huche, ainsi que de maisons d’édition indépendantes comme Le Père Fouettard et celles représentées par Ttipi Agency.
Conférence sur les maisons d'édition indépendantes jeunesse
La bande dessinée a également été représentée grâce aux interventions de Média-Participations. Sur le stand, le public a également pu rencontrer l’autrice et comédienne Rebecca Vaissermann, dont les travaux portent sur la mémoire et la transmission, ainsi que Daniel Andler, philosophe des sciences, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, qui a écrit un ouvrage de référence sur les relations entre intelligence artificielle et intelligence humaine.
Le stand France au TIBE
Cet événement a constitué une occasion parfaite pour les professionnels et les passionnés du livre de se renseigner et d’échanger sur les dernières tendances et évolutions du secteur.
Parole aux professionnelles
Florence Pariente, fondatrice de Ttipi Agency
Florence Pariente
"C'était ma première participation, j'étais ravie de pouvoir découvrir cette foire ! C'est un salon à taille humaine qui permet rapidement de se faire une idée globale de l'édition taïwanaise - hors, bien sûr, des plus petits éditeurs qui n'ont pas tous de stand au TIBE. Si la croissance économique à Taïwan est dynamique, la natalité est inquiétante pour les éditeurs jeunesse. Il n'en reste pas moins qu'il y a encore de la place pour nos cessions car ils traduisent une partie importante de leur production, principalement de l'anglais, du coréen, du japonais. Nous travaillons à la fois avec des co-agents et en direct avec des éditeurs. J'ai eu 25 rendez-vous avec des éditeurs et des co-agents, qui étaient à la fois très professionnels, chaleureux et intéressés. Nous avons rarement l'occasion de rencontrer les éditeurs en direct. Les éditeurs et agents étrangers n'étaient pas très nombreux, ce qui nous assurait une belle visibilité et ouverture des éditeurs à l'égard de nos livres. Ils sont aussi agréablement réactifs après la foire : ils répondent aux mails de suivi, et nous avons déjà reçu trois offres. En illustré jeunesse, le sujet numéro 1 qui intéresse les éditeurs taïwanais c'est le "Social Emotional Learning", évoqué quasi systématiquement, et les sujets scientifiques, que ce soit en fiction ou en non-fiction. Pour la fiction middle-grade, on m'a plusieurs fois demandé des 'detective stories'."
Margot Miriel, responsable des droits chez Gallimard
Margot Miriel
"Pour ma part, il s’agissait également de ma première participation au TIBE ; j’ai trouvé le salon très dynamique et les éditeurs intéressés par la production française, même si tous déplorent des ventes et donc des tirages en baisse. Cette situation est due, selon eux, à un déclin du nombre de lecteurs, particulièrement pour la littérature générale. On m’a beaucoup parlé de l’essor des genres 'Boys Love' et 'Girls Love', ainsi que du format des 'Light novels', mais cela ne correspond pas vraiment à mon catalogue de littérature générale et non-fiction. Au-delà de ces tendances, j’ai noté un fort intérêt pour toutes les thématiques liées à la condition féminine et aux questions LGBTQIA+, ainsi que pour les sujets liés à la parentalité, au vieillissement et au grand âge. Les grands penseurs français du XXe et du XXIe siècle sont également recherchés, de même que les réflexions sur les changements du monde actuel (IA, géopolitique…). J’ai rencontré une bonne quinzaine d’éditeurs, tous taïwanais : à la fois des maisons avec qui nous travaillons régulièrement, comme China Times, mais aussi d’autres avec qui nous n’avons pas encore collaboré, ou pas depuis longtemps, notamment des structures indépendantes. Cela m’a permis de me faire une idée plus claire de la structure du marché taïwanais, très concentré mais où il y a encore de la place pour des maisons indépendantes."
Propos recueillis par Katja PETROVIC