Que se passe-t-il dans le monde du livre à l’étranger ?

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octobre 2026

En Italie, la fondation Feltrinelli publie son premier rapport contre le racisme. Cette publication, soutenue par le groupe Feltrinelli qui est connu pour son engagement politique, propose une analyse approfondie du phénomène en combinant données, analyses, témoignages et perspectives d’avenir, explique Il giornale della libreria. 


À partir du 22 septembre, le rapport Recoller les morceaux. Données, pratiques et perspectives contre le racisme en Italie 2025-2026 est disponible en ligne. Il s’agit du premier rapport annuel de l’association Il Razzismo è una brutta storia, soutenue par le Groupe Feltrinelli. Ce rapport rassemble des contributions de chercheurs, de militants, d’organisations de la société civile et d’experts du secteur et se base sur les principaux événements qui, en 2025, ont provoqué des pics de xénophobie en ligne, selon la Carte de l’intolérance de l’association Vox Diritti qui œuvre contre les discriminations et les violations des droits civiques.


Il giornale della libreria, Milan, 22 septembre 




Longtemps, les nombreuses et magnifiques librairies de Buenos Aires en ont fait rêver plus d’un. Mais aujourd’hui, les libraires argentins déclarent l’état d’urgence : avec une baisse de 25 % des ventes et un recul de 41 % de leur chiffre d’affaires pendant les 3 dernières années, beaucoup ne peuvent plus faire face aux coûts d’exploitation qui ne cessent d’augmenter.


Pour les librairies indépendantes argentines, un contexte économique déjà difficile devient de plus en plus compliqué à gérer. La Federación Argentina de Librerías, Papelerías y Afines (FALPA) a déclaré l’état d’urgence dans le secteur de la librairie, soulignant la situation financière à laquelle sont confrontées quelque 1 200 librairies indépendantes et avertissant que le déséquilibre croissant menace la pérennité du réseau national de librairies en Argentine. Selon une analyse de la fédération comparant la période de janvier à août 2023 à la même période en 2026, le nombre de livres vendus a chuté de 25 %, tandis que le chiffre d’affaires a reculé de 41,5 %. Dans le même temps, les coûts d’exploitation ont augmenté de 31 % après ajustement pour tenir compte de l’inflation. Pour compenser la perte de chiffre d’affaires, les librairies auraient dû réduire leurs coûts d’exploitation de 34 % à 38 % sur cette période, un ajustement impossible compte tenu du poids des charges fixes, selon la FALPA.


Publishing Perspectives, New York, 22 septembre 




Le nombre de lecteurs reculant drastiquement dans le monde, les mesures prises pour y remédier peuvent sembler de plus en plus étonnantes. Ainsi, Singapour rémunère ses citoyens pour lire un livre 15 minutes par jour afin de lutter contre le "doomscrolling". En Grande-Bretagne, l’éditeur Pan Macmillan a imaginé les premières baskets dont il suffit d’approcher un smartphone pour lancer des livres audios.


Une nouvelle initiative d’une durée de cinq ans, lancée par le Conseil national des bibliothèques, encourage les Singapouriens à lire au moins 15 minutes par jour. Pour gagner 1 dollar singapourien (80 centimes), ils devront enregistrer 50 séances de lecture par jour sur un site web gouvernemental. "La cité-État espère que ce programme, intitulé ReadSG, améliorera l’esprit critique et l’imagination dans un monde où les stimuli abondent de manière extraordinaire", explique le quotidien singapourien The Straits Times. Quant aux "world's first audiobook trainers", imaginées par Pan Macmillan en partenariat avec Spotify et la marque de chaussures londonienne HYPHNT, il s’agit de baskets destinées aux enfants. Il suffit d’approcher un smartphone de la chaussure pour que Spotify s’ouvre automatiquement et diffuse son contenu - le tout pour 79 livres sterling. L’initiative débute avec la série de romans graphiques InvestiGators de John Patrick Green, puis la maison d’édition prévoit d’ajouter progressivement de nouveaux titres de son catalogue, précise Publishnews.


The Straits Times, Singapour, 6 septembre

Publishnews, Madrid, 24 septembre 




Vingt-cinq ans après la répression de la presse indépendante en Érythrée, 188 écrivains ont signé une lettre afin d’obtenir des informations sur les 12 auteurs détenus en secret depuis 2001, sous le régime du président Isaias Afwerki.


Dans cette lettre, portée par PEN International, les signataires dont les Nobel Olga Tokarczuk et J. M. Coetzee, demandent des "preuves de vie immédiates et vérifiées" pour les écrivains et journalistes détenus, parmi lesquels figurent le poète Amanuel Asrat et l’auteur et journaliste Dawit Isaak. Ils dénoncent "un silence douloureux et illégal" imposé aux familles et à la communauté littéraire internationale. Les signataires appellent les autorités à ne plus "faire disparaître" les écrivains et journalistes pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions. "Nous restons solidaires de nos collègues disparus", affirment-ils, promettant de poursuivre leurs efforts jusqu’à leur libération. PEN International a également lancé une pétition pour demander la vérité sur leur sort. "Ces écrivains n’ont pas disparu de notre mémoire", souligne Burhan Sönmez, président de PEN International.


The Guardian, Londres, 18 septembre 




Une étude menée par l’université Stony Brook à New York constate une multiplication des livres autoédités générés par l’intelligence artificielle sur les plateformes de vente en ligne – une menace pour les revenus des auteurs humains, alertent les chercheurs.


Selon l’étude, pour laquelle l’université américaine a examiné 14 419 ouvrages de fiction autoédités, environ 20 % des livres vendus sur Amazon entre 2023 et 2026 contenaient une part substantielle de texte généré par IA, dont près de 1 000 romans composés à plus de 90 % par une IA. Selon les chercheurs et chercheuses, cette abondance entraîne un "effet d’éviction" : alors que le nombre de livres vendus a fortement augmenté, les revenus par titre ont diminué. "Les auteurs et autrices humains risquent d’être pénalisés et leurs revenus réduits", estiment les auteurs de l’étude. Ils évoquent également que cet effet est amplifié par une "bulle algorithmique" favorisant les ouvrages générés par IA dans les résultats de recherche. Amazon de son côté affirme renforcer continuellement ses dispositifs de détection, notamment en exigeant des auteurs et autrices autoédités qu’ils déclarent l’utilisation de l’IA pour générer des textes et en limitant le nombre de titres mis en ligne.


Fortune, New York City, 14 septembre 



Katja PETROVIC et Katrin BOETHLING