
Que se passe-t-il dans le monde du livre à l’étranger ?

Le Mexique est devenu un marché stratégique pour les livres audio. Dans une interview accordée à Forbes Mexico, le PDG d’Audible, Bob Carrigan, revient sur sa stratégie d’expansion au Mexique et en Amérique latine.
"Aujourd’hui, 75 % des livres audio dans le monde sont en anglais, ce qui ouvre une énorme opportunité pour d’autres langues, dont l’espagnol. 'Nous sommes très concentrés là-dessus au Mexique et avons beaucoup progressé dans notre collaboration avec les producteurs, auteurs et artistes locaux. Nous avons réalisé plus de 2 000 livres audio au cours des deux dernières années et possédons aujourd’hui le plus grand catalogue de livres audio en espagnol', explique Carrigan. Grâce à cette expansion, Carrigan n’exclut pas d’emmener Audible dans d’autres territoires latino-américains, affirmant 'qu’il y a un 'énorme potentiel' pour le livre audio dans toute la région."
Forbes Mexico, Mexico City, 25 février

"Après Hemingway : Comment l’Ukraine redéfinit la littérature de guerre", titre Publishing Perspectives. Dans son article, l’éditrice ukrainienne Yuliya Orlova explique : "Il ne s’agit ni de romantiser la guerre, ni d’esthétiser la souffrance, mais de rendre compte d’une réalité que le monde n’a pas le droit d’ignorer."
"Une définition de ce nouveau type de littérature de guerre a été proposée par le jeune vétéran et poète Artur Dron dans son premier roman Hemingway Knows Nothing. Dron, 25 ans, a grandi en lisant Hemingway, Remarque et Vonnegut. Mais, selon lui, leur expérience de guerre n’est pas comparable à celle des Ukrainiens qui subissent une guerre de drones et de TikTok, pendant laquelle le sort du monde démocratique se joue en ce moment même. Selon l’éditrice Yuliya Orlova, les auteurs ukrainiens décrivent une vie de combats 'que les lecteurs européens ont du mal à imaginer, et c’est précisément là que réside leur force, car ils élargissent notre compréhension de ce qu’est réellement la guerre aujourd’hui.' Pour l’historienne Maryna Mirzaieva, qui a rejoint les forces armées ukrainiennes, la guerre a changé sa vie et son écriture. Dans son livre Women of Freedom, elle imagine une conversation entre des générations de femmes qui, à différentes époques, se sont battues pour la liberté de l’Ukraine."
Publishing Perspectives, New York, 26 février

La première librairie palestinienne des États-Unis a ouvert ses portes à Los Angeles. Baptisée Watermelon Books, elle a été inaugurée au sein du centre culturel Holy Ground et se présente comme un "acte culturel de résistance".
"La fondatrice et militante Mary Nazzal [née au Liban et reconnue comme l’une des femmes arabes les plus influentes par Forbes] y propose 1 000 livres sur la Palestine et d’autres luttes de libération réunis sous un même toit. Déjà implantée à Amman, en Jordanie, la librairie inaugure ainsi son deuxième point de vente et le prochain chapitre d’un projet culturel international ancré dans la vie, l’histoire et l’imaginaire palestiniens. Elle proposera des cercles de lecture, des soirées de poésie, des projections de films, des tables rondes et des rencontres autour des livres, avec l’ambition de faire de la littérature un espace de mémoire et de résistance collective, déclare Katie Jerkovich, rédactrice au New York Post."
New York Post, New York, 21 février

Le piratage continue de fragiliser l’édition italienne. Selon la quatrième enquête Ipsos Doxa présentée à Rome par l’Association italienne des éditeurs (AIE), un tiers des ventes a été perdu en 2025 et l’IA ne fait qu’amplifier ces dégâts.
"Le piratage de livres a coûté 722 millions d’euros aux éditeurs italiens en 2025, contre 687 millions il y a deux ans. Il a également entraîné la suppression de 4 500 emplois dans l’édition. L’étude souligne par ailleurs l’impact croissant de l’intelligence artificielle : 12 % des plus de 15 ans - et 58 % des étudiants - utilisent des résumés générés par IA pour lire des ouvrages. 'Il est temps d’aborder l’éléphant dans la pièce, à savoir l’impact de l’intelligence artificielle', a déclaré le président de l’AIE, Innocenzo Cipolletta, rappelant que 'sans respect du droit d’auteur, il n’y a pas d’industrie culturelle'. Face à l’ampleur du phénomène, les autorités défendent un durcissement des sanctions, tandis que l’écrivaine Felicia Kingsley plaide pour une réponse pédagogique : 'Changer la perception des lecteurs sur ce qu’est réellement un livre peut réduire le piratage […]. En racontant comment naissent les livres, on crée un lien émotionnel avec le projet éditorial pour qu’en librairie, on ne pense pas qu’on regarde juste des piles de papier.'"
Giornale della Libreria, Rome, 11 février

Alors que de nombreuses études soulignent une baisse de la lecture chez les jeunes en Europe, une récente enquête révèle une tendance inverse en Norvège. Les enfants issus de l’immigration y sont aujourd’hui les lecteurs les plus assidus.
"Selon le rapport de l’Institut statistique norvégien (SSB) sur les pratiques culturelles des Norvégiens en 2025, 68 % des enfants de 9 à 12 ans issus de l’immigration lisent des livres papier chaque semaine, contre 55 % pour l’ensemble des enfants du même âge. 'Les jeunes filles issues d’un milieu d’immigrés sont des lectrices particulièrement assidues', souligne Andrea Ihler Evensen, conseillère au SSB. Neuf filles sur dix âgées de 9 à 15 ans ont lu au moins un livre papier au cours de l’année. Les jeunes issus de l’immigration fréquentent aussi beaucoup les bibliothèques publiques : 83 % d’entre eux ont emprunté au moins un livre au cours de l’année, faisant de la bibliothèque l’un des lieux culturels les plus fréquentés par ce public."
BOK 365, Oslo, 6 mars
Katrin BOETHLING, Katja PETROVIC