
Retour sur l’invitation d’honneur de la France à la Seoul International Book Fair 2026
Cette édition 2026, qui consacrait une nouvelle fois la France comme invitée d'honneur, coïncidait avec les 140 ans de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays (4 juin 1886) - un anniversaire porté par l'Institut français en Corée.
Sur le plan professionnel, un pavillon de 180 m² a accueilli 21 responsables de droits et agents d'éditeurs français, ce qui représentait 39 marques éditoriales et couvrait toutes les thématiques. Le stand proposait cependant un assortiment beaucoup plus large, la vente au public étant assurée par Chaekbang, seule librairie francophone de Corée, dirigée par Lee Seula.
Forte affluence sur le stand de France Livre à la SIBF
Laurence Risson, responsable de projet chez France Livre, souligne que "les échanges se concentrent principalement sur la littérature jeunesse, mais les éditeurs coréens montrent une grande curiosité pour la production française en général. Malgré un contexte économique difficile, avec un taux de change défavorable, de nombreux agents et éditeurs coréens ont été présents et enthousiastes à l'idée de rencontrer personnellement les éditeurs français".
Marie-Pierre Gracedieu (Le bruit du monde) en rendez-vous
Cette année, des auteurs et créateurs français de renom ont assisté à la Foire, tels que Bernard Werber, un véritable phénomène littéraire en Corée, Pascal Bruckner, ou encore Marie-Aude Murail et sa fille Constance Robert-Murail. Également présents, le journaliste et critique gastronomique François-Régis Gaudry et l'illustratrice Anne Laval, qui a conçu l'identité graphique du pavillon français.
Au-delà de la célébration, cette invitation d'honneur ouvre une nouvelle séquence de travail entre les deux marchés, à l'heure où l'édition doit conjointement répondre à des défis inédits.
En plus des nombreuses rencontres culturelles avec les auteurs, deux conférences professionnelles ont été organisées pour discuter des enjeux actuels et des mutations du secteur. La première portait sur "IA, éthique et droit d'auteur : enjeux pour l'édition", avec Nicolas Roche (directeur général de France Livre), Doris Chen (Linking Publishing, Taïwan) et Lee Young-wook (avocat et auteur de bande dessinée), modérée par Kim Hak-Hee (Korea Literature, Academic Works and Arts Copyright Association).
L'ouverture officielle de la foire
La deuxième table ronde était consacrée à "L’avenir de la lecture : politiques publiques en France et en Corée". Elle a réuni Kim Jinwoo (Publication Industry Promotion Agency of Korea), Son Jeoung-soon (Korean Publishers Association) et Solenn Marrec (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français).
Durant toute la durée du salon, l’Institut français de Corée a proposé un programme riche de 41 événements. Au-delà de la célébration, cette invitation d'honneur ouvre une nouvelle séquence de travail entre les deux marchés, à l'heure où l'édition doit conjointement répondre à des défis inédits - intelligence artificielle, droit d'auteur, mutations des usages de lecture…
Laurence RISSON, Nicolas ROCHE
Paroles des professionnels
Nicolas Roche, directeur général de France Livre
Nicolas Roche - photo Olivier Dion
"Avec 589 contrats de cession conclus par les éditeurs français auprès de maisons d'édition coréennes en 2025, le coréen figure parmi les langues de destination les plus importantes pour l'édition française, notamment en littérature jeunesse et en littérature générale. Ce marché stratégique a permis aux professionnels français de resserrer encore leurs liens avec un pays où la culture française continue de bien souvent faire rêver."
Barbara Edun, responsable des droits chez le Seuil
Barbara Edun
"C’était ma toute première participation à la Foire de Séoul et l’occasion était idéale puisque la France était l’invitée d’honneur ! L’ambiance de la foire était très détendue et mes rendez-vous ont tous été intéressants. Le contact en direct avec les éditeurs, même si j’en vois beaucoup par ailleurs à Francfort, a permis de mieux apprécier leur goût et leurs intérêts. Cela a aussi été l’occasion de parler de titres plus anciens. J’ai trouvé les éditeurs, comme toujours, ouverts et la curiosité était partagée. Je leur ai posé beaucoup de questions et je pense avoir mieux compris les habitudes de lecture et la place du livre en tant qu’objet. Les stands des éditeurs coréens étaient d’ailleurs tous très créatifs et innovants. De nombreux éditeurs avaient fait le déplacement, ce qui m’a permis d’avoir un planning bien rempli. J’ai pu également rencontrer quelques éditeurs taiwanais, un vrai plus ! Je travaille très bien et régulièrement avec la Corée (avec ou sans agents mais plus avec !) et les cessions des dernières années reflètent bien les intérêts généralistes des éditeurs coréens, de la BD en passant par les sciences humaines et sociales, à la fiction."
Propos recueillis par Katja PETROVIC et Laurence RISSON
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