
Fiction, non-fiction jeunesse et BD au cœur des échanges franco-polonais à Varsovie
Varsovie a accueilli les participants entre neige et soleil, au sein de l’ambassade de France, un bâtiment aux grandes baies vitrées inauguré en 1970. Ces rencontres professionnelles ont été conçues pour fournir des repères clés sur le marché polonais et favoriser l’établissement d’un réseau efficace. Les discussions ont porté sur divers aspects cruciaux : tirages, présence en librairie, impact des plateformes numériques, politiques de prix.
Rendez-vous BtoB à l'Ambassade de France en Pologne
La première matinée a été dédiée à des présentations générales des marchés du livre en France et en Pologne. Frédéric Constant, responsable du livre à l’Institut français, a encouragé les éditeurs polonais présents à lui faire part des titres pour lesquels ils souhaitaient obtenir une aide, afin d’optimiser les demandes. Malgré les coupes budgétaires, l’Institut français continue de proposer des aides dans le cadre du programme d’Aide à la Publication (PAP), bien que le nombre de dossiers soutenus ait chuté, passant de 20 à 8.
Agnieszka Rasińska-Bóbr a présenté le Polish Book Institute, la principale institution culturelle polonaise dédiée à la promotion du livre et de la lecture, en soulignant son soutien à la traduction, à l’acquisition de droits et aux frais d’impression, notamment pour les livres illustrés. L’institut a également mis en place un programme de soutien aux traducteurs et a organisé un congrès mondial de traducteurs littéraires.
Agnieszka Rasińska-Bóbr et Frédéric Constant
Le français, troisième langue traduite en Pologne
Le marché polonais compte plus de 600 maisons d’édition actives, dont plusieurs grands groupes. Chaque année, plus de 32 000 titres sont publiés. Les principaux secteurs éditoriaux sont la littérature, la jeunesse, le scolaire et les livres scientifiques. Près de 50 % des titres de fiction sont des traductions. L’anglais est la première langue de traduction, suivi du japonais. Le français occupe une troisième place solide : en 2024, 730 titres ont été acquis par des éditeurs polonais, dont 465 en bande dessinée, 90 en jeunesse, 62 en sciences humaines et sociales et 51 en littérature. Les éditeurs polonais sont largement francophiles et suivent de près l’actualité éditoriale française.
Environ 80 éditeurs polonais et français réunis à Varsovie
En Pologne, plus de la moitié des livres sont vendus en ligne. Empik, le principal distributeur et vendeur de livres en Pologne, détient un statut de quasi-monopole. Pour être présent dans les libraires et sur la plateforme d’Empik, il est nécessaire d’avoir de bons tirages. Si un livre se vend bien, une édition de luxe peut être produite exclusivement pour Empik. Environ 23 % des livres sont vendus en librairie, dont 1 666 sont actuellement recensées - un nombre en baisse.
L'édition numérique connaît une forte croissance, avec des livres audio et des ebooks publiés simultanément avec les versions papier. Une particularité intéressante du marché est l’absence de livres de poche. Les supermarchés passent commande pour vendre des titres en exclusivité.
Focus sur l’édition jeunesse en Pologne
Les discussions ont également permis de faire un état des lieux du marché de la jeunesse et de la bande dessinée, secteurs particulièrement actifs. Magda Kłos-Podsiadło, cofondatrice de la maison d’édition Wytwórnia, a présenté le marché de la jeunesse. Forte de 25 années d’expérience, l’éditrice a souligné les principaux défis auxquels sont confrontés les éditeurs jeunesse, notamment la baisse de la natalité donc une diminution du nombre de lecteurs. Elle a également évoqué la nécessité d’une réglementation du marché. Depuis deux ans, une association regroupant une quinzaine d’éditeurs indépendants a vu le jour, essayant de peser pour instaurer un prix unique du livre. Bien que le ministère de la Culture et l’Institut du livre prévoient de présenter une loi prochainement, le contexte géopolitique ne favorise pas la mise en place d’une réglementation.
En Pologne aussi le livre doit être considéré comme un bien essentiel. Mais malheureusement, cet avis n'est pas partagé par tout le monde.
Malgré ces difficultés, on observe une évolution positive avec de plus en plus de festivals et de foires consacrés au livre jeunesse, même si le nombre de librairies spécialisées diminue.
La non-fiction jeunesse se porte bien, avec de nombreux ouvrages à la fois éducatifs et richement illustrés. Pour les lecteurs et éditeurs polonais, la portée éducative d’un livre est cruciale. Les livres plaisir, avec un graphisme développé, coûtent cher et nécessitent un soutien de l’Europe créatrice ou de l’Institut français. La présence de la Pologne en tant qu’invitée d’honneur à Bologne en 2027 est attendue pour stimuler les ambitions du secteur.
Des bestseller dans les rayons d'Empik
Une autre tendance se dessine avec des livres abordant les problèmes de santé mentale chez les jeunes, en réponse à l’impact des réseaux sociaux. De nombreux titres traitent de thèmes comme la famille, l’identité, la justice sociale, la nature et l’environnement. Les traductions de livres jeunesse proviennent principalement de l’anglais et du français, avec des best-sellers tels que ceux de Pascal Prévot et Astrid Desbordes.
La BD en plein essor
Avec environ 14 000 titres sur le marché, dont 1 500 à 2 000 nouveautés par an, la bande dessinée connaît une forte croissance et une grande diversité de production locale et internationale, explique Szymon Holcman, copropriétaire de Kultura Gniewu. Le marché polonais se distingue par une forte culture du self-publishing, attirant de jeunes auteurs dans le domaine de la BD. La bande dessinée francophone représente 14 % du marché, avec 298 traductions. Jusqu’en 2023, les éditeurs polonais étaient les premiers acheteurs de titres français.
Szymon Holcman: Passionné de BD comme tous les éditeurs indépendants, je suis le marché depuis 50 ans. J'étais surpris de voir qu'il y avait 2126 bandes dessinées publiées en Pologne en 2025. C'est une evolution énorme !
Des titres classiques, issus de l’époque communiste, continuent d’être des best-sellers. Les mangas aussi connaissent un succès phénoménal, avec des ventes atteignant 200 000 exemplaires, telle la série Toilet-Bound-Hanako-Kun. La bande dessinée non-fiction devient également de plus en plus populaire. Egmont, le plus grand éditeur de BD en Pologne, publie des titres renommés (Thorgal, Marvel, Disney) et détient près de 75 % du marché. Les éditeurs indépendants qui ne peuvent souvent pas éditer les grandes licences mondiales et qui ont une attention particulière pour la qualité des titres qu’elles éditent, représentent environ 25 % du marché.
Le marché de la fiction et de la non-fiction
La deuxième journée des rencontres a été consacrée à la fiction et à la non-fiction, des secteurs pesant plus de 40 % des ventes de livres en Pologne. Ewa Bolińska, responsable des droits étrangers chez ZNAK, a souligné que la non-fiction est le deuxième plus important secteur après la fiction et qu’il englobe une catégorie plus étendue, y compris les livres pratiques. Parmi les tendances actuelles, elle a mentionné les documentaires historiques, comme par exemple un reportage chez ZNAK sur les collaborateurs polonais ayant aidé à la déportation des Juifs.
Ewa Bolińska, plongée dans les statistiques de l'édition non-fiction en Pologne
Les Polonais montrent également un vif intérêt pour les biographies et les monographies, notamment dernièrement celles mettant en lumière des femmes artistes jusqu’ici peu connues. D’autres thématiques populaires incluent l’histoire de la Pologne et de l’Europe, la santé mentale et la famille. Plusieurs prix prestigieux de non-fiction existent, tels que le prix Ryszard Kapuściński pour les reportages et le Nike Literary Award qui récompense divers genres littéraires, y compris la poésie, le roman et l’essai.
La fiction, un marché très concurrenciel
Andrzej Stańczyk, éditeur chez Wydawnictwo Literackie, a ensuite pris la parole pour présenter le marché de la fiction qui est très concurrentiel. La distribution est un enjeu majeur et les éditeurs doivent penser très en amont à la manière dont leurs romans seront présentés dans les rayons et le site d’Empik.
Non, il n'y a pas qu'Empik ! Le groupe en visite à la librairie indépendante Dwie Siostry
En 2024, 8 208 titres de fiction ont été publiés, chiffres qui retrouvent ceux d’avant la pandémie de Covid-19. En 2023, sur un total de 8 000 titres de fiction, 4 700 étaient polonais (incluant des genres tels que le polar, le thriller, la romance et la « littérature destinée aux femmes »), tandis que 3 000 étaient des traductions. Les principales langues de traduction sont l’anglais, le japonais et le français, avec 300 titres cédés, représentant la moitié des cessions. Pour amortir le coût d’une traduction, il faut le plus souvent que les ventes flirtent avec la barre des 6 000 exemplaires. Le marché de la littérature polonaise a connu un regain d’intérêt, notamment grâce à l’attribution du Prix Nobel à Olga Tokarczuk en 2018. Tous ses titres ont été réédités, et ils se sont écoulés à plus de deux millions d’exemplaires en quatre mois.
Les romans français dans le top 3 des ventes Empik
Dans le top 3 des ventes Empik figurent des titres français, ainsi Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa - traduit chez ZNAK - qui est très populaire en Pologne, ainsi que des œuvres de Valérie Perrin. Autres best-sellers : des classiques tels que L’Étranger, La Ferme des animaux et de nouvelles traductions de Thomas Mann, notamment chez ZNAK qui a lancé une tendance pour les retraductions.
En termes de promotion, les éditeurs misent sur les réseaux sociaux, bien que les auteurs plus littéraires soient souvent absents de ces plateformes. Depuis la guerre en Ukraine, la littérature a perdu de sa visibilité dans les médias.
Parallèlement aux discussions, des visites de librairies ont permis d’observer concrètement la présence et l’impact des titres traduits dans les points de vente. Les près de 550 rendez-vous BtoB ayant suivi ce programme, ont évidemment contribué à enrichir la compréhension des dynamiques du marché polonais et à renforcer les liens entre professionnels français et polonais.
Katja PETROVIC
Paroles aux professionnels
Pierre Bottura, éditeur de non-fiction aux Arènes
Pierre Bottura
"C’est la première fois que je viens en Pologne. Je sais que c’est un pays très dynamique, riche d’une grande histoire intellectuelle et éditoriale. Mais il est essentiel de rencontrer les éditeurs en personne. J’ai été surpris de constater l’importance de la non-fiction sur le marché polonais. C’est le domaine dont je m’occupe aux Arènes, et j’étais particulièrement intéressé de découvrir ce qui fonctionne en Pologne et ce que je pourrais éventuellement acquérir. Le secteur de l’Histoire est significatif, et il existe une forte tradition journalistique. Il est donc crucial de voir s’il y a des sujets en commun. Je suis convaincu que les façons de raconter la réalité aujourd’hui offrent des passerelles à construire entre nos deux pays. Que ce soient des auteurs journalistes ou des essayistes, je suis ici pour les découvrir. À part quelques philosophes, j’ai l’impression qu’il y a peu d’auteurs polonais traduits en France ; on s’est arrêté à Gombrowicz. Pour les acquisitions, nous regardons souvent les best-sellers en Allemagne ou dans le monde anglo-saxon, mais il est intéressant d’explorer ce qui se fait en Europe de l’Est, surtout avec les bouleversements géopolitiques récents. Il est urgent de bien identifier le profil de chacun en Europe pour voir s’il y a des projets à bâtir ensemble. Ce que je développe éditorialement, ce sont des livres en SHS avec une portée européenne, voire au-delà. Car l’Europe, c’est avant tout la circulation des idées."
Ewa Pajestka-Kojder, autrice et fondatrice des éditions Oficyna Naukowa
Ewa Pajestka-Kojder
"Sociologue de formation, j’ai appris mon métier chez PWN, le plus important éditeur scientifique en Pologne à l’époque communiste, fondé dans les années cinquante. J’ai ensuite créé ma propre maison d’édition académique il y a 35 ans à Varsovie. Je publie entre 3 et 5 titres par an, selon leur volume. Auparavant, je publiais de nombreuses traductions, notamment du français, couvrant des domaines tels que l’histoire, la sociologie, l’anthropologie et la philosophie – environ 60 titres français au total, incluant des auteurs comme Joachim Bouflet, Christophe Boltanski et Bruno Latour. Je publie moins actuellement, car la situation est devenue très difficile pour les éditeurs indépendants. Je n’ai plus les moyens d’acheter beaucoup de droits car les subventions ont baissé. Jusqu’en 2012, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en Pologne accordait des aides importantes, cumulables avec celles de l’Institut français ou du CNL, mais ce programme a malheureusement été arrêté. Malgré cela, j’ai quelques rendez-vous ici, notamment avec les éditions du Seuil, dont j’aimerais acquérir tout le catalogue ! J’aimerais publier Philippe Ariès. Si je touche les aides de l’Institut français, je peux imprimer environ 500 exemplaires, tandis que mon premier tirage pour les auteurs polonais tourne autour de 250. J’ai essayé de travailler avec Empik, mais ils n’ont pas voulu de mes livres, qui sont difficiles à vendre. Aujourd’hui, les éditeurs indépendants peinent aussi à vendre directement aux libraires. Cela fonctionnait auparavant, mais cela implique trop de paperasse maintenant. Je vends notamment sur Internet ou directement dans les foires en Pologne, c’est un collègue qui s’en occupe pour moi. Nous faisons partie d’un petit groupe de quatre éditeurs indépendants, Conscious Publishers, qui publient tous des traductions dans différents domaines et se soutiennent de manière informelle."
Julia Skorcz, responsable des droits chez Glénat
Julia Skorcz
"La table ronde sur l’édition de BD était vraiment intéressante. J’étais au courant de la baisse significative de la natalité en Pologne et de son impact sur l’édition jeunesse. Chez Glénat, nous publions des BD pour adultes et pour la jeunesse, et je constate qu’en collaborant avec Egmont, le plus grand éditeur de BD en Pologne, nous vendons moins de titres jeunesse. Cependant, en venant ici, j’ai appris qu’il y a encore des opportunités dans le middle grade et le YA. J’ai été très surprise d’apprendre que 30 % de la production en BD sont des traductions. Il y a une réelle ouverture d’esprit, et nous avons clairement une place sur ce marché. La Pologne est très importante pour nous, car les éditeurs polonais sont proactifs. Ils connaissent nos catalogues, demandent nos newsletters et des PDF. Pas besoin d’insister ; c’est très agréable. Le marché de la BD a beaucoup évolué en Pologne, avec une augmentation de la production et un nombre croissant d’autrices proposant des œuvres différentes de celles qui dominaient le marché il y a quelques années, encore largement masculin. Szymon Holzmann a évoqué dans sa présentation les classiques qu’il a lus dans son enfance, dont s’inspirent aujourd’hui de nombreux auteurs et autrices, menant à une production de livres au mélange de styles très intéressant. Cela se remarque également en France avec les "mangas à la française". Pendant les deux jours de rendez-vous BtoB j’en ai eu 12, y compris avec des éditeurs que je ne connaissais pas auparavant. Ces rencontres permettent de se concentrer sur un pays et d’approfondir nos connaissances sur un marché particulier, ce qui est très enrichissant. Les visites en librairie sont également très utiles pour savoir ce que nous pouvons proposer aux éditeurs. La Pologne est l’un des rares pays où nous pouvons offrir un large éventail de titres, allant de la petite enfance à la BD adulte. J’ai présenté des titres middle grade un peu fantastiques, ainsi que des romans graphiques sur des sujets de société tels que la sexualité, l’identité ou le genre. Il n’y a pas de censure, même si la Pologne reste un pays très catholique. C’est très varié, je peux proposer presque tout notre catalogue."
Kazia Radziwill, fondatrice des éditions Muchomor
Kazia Radziwill
"Depuis 2002, nous publions environ 15 titres jeunesse par an et nous avons déjà édité une quarantaine de traductions du français. J’ai passé beaucoup de temps en France car ma grand-mère est française. J’ai donc découvert très tôt la production française, ce qui m’a inspirée pour créer ma maison d’édition à Varsovie. Dans les années 2000, les livres polonais pour enfants étaient encore très différents. Aujourd’hui, la production me semble assez proche. Les illustrateurs polonais bénéficient d’une reconnaissance internationale et certains de mes titres sont publiés en France, comme par exemple Le chat qui aboyait, illustré par Pawel Pawlak, chez Milan. La moitié de nos auteurs sont polonais, surtout en non-fiction que nous publions plus que la fiction, bien que le marché commence à être saturé. Il est difficile de trouver de nouveaux sujets. Nous avons commencé avec les Philo-Fables de Michel Piquemal (Albin Michel), et j’en suis très fière car elles sont devenus très populaires en Pologne. En fiction, nous avons également tenté de publier quelques best-sellers français, mais sans succès. Je me rends à Paris quatre fois par an et j’adore flâner dans la librairie Chantelivre, près de l’École des loisirs, pour trouver de l’inspiration. Lors de ces rencontres, ma collègue et moi avons pris rendez-vous avec presque tout le monde. J’ai découvert quatre maisons que je ne connaissais pas encore. Je suis toujours à la recherche de titres de philosophie, mais comme tous les éditeurs, je fonctionne aussi beaucoup au coup de cœur."
Malgorzata Szczurek, fondatrice des éditions Karakter
Malgorzata Szczurek
"J’ai créé Karakter avec deux collègues en 2008 à Cracovie. Nous publions de la littérature et des SHS, environ 20 titres par an, et nous comptons de nombreux auteurs francophones dans notre catalogue. Verre cassé d’Alain Mabanckou était notre tout premier titre. Nous avons ensuite publié Tahar Ben Jelloun, Kamel Daoud, et élargi notre catalogue vers la non-fiction avec Didier Eribon, Achille Mbembe et Mona Chollet, nos trois auteurs phares. Je connais donc assez bien le marché français, notamment les grandes maisons, mais nous collaborons aussi avec La Découverte et La Fabrique. En fiction, je travaille avec Sabine Wespieser ; nous avons publié Yanick Lahens et j’espère aussi rencontrer des éditeurs indépendants au Paris Book Market, auquel je participe pour la première fois cette année. Ici, j’ai 15 rendez-vous, y compris avec des agents comme BAM, que je connais déjà mais avec qui nous n’avons pas encore vraiment collaboré. Vendre des romans francophones en Pologne n’est pas évident ; la fiction en général se vend moins bien que la non-fiction. Par exemple, Politiques de l’inimitié d’Achille Mbembe, un livre de philosophie très pointu, était plus facile à vendre que les livres de Lyonel Trouillot. Le marché de la non-fiction est plus petit, il est donc plus facile de s’y faire une place. Nos livres sont présents sur Empik, mais cela nous coûte très cher. C’est une collaboration difficile mais nous n’avons pas d’autre choix. Travailler avec les librairies indépendantes est beaucoup plus agréable. Notre maison a aussi sa propre petite librairie, et nous collaborons avec environ une centaine de librairies indépendantes dans toute la Pologne. Pour nous, les ventes en librairie sont presque aussi importantes que celles sur Empik. Nous essayons de créer des chaînes de vente indépendantes, mais nous venons juste de commencer, car jusqu’ici nous comptions sur les pouvoirs publics. Nous avons enfin compris que nous devions nous en occuper nous-mêmes."
Propos recueillis par Katja PETROVIC